Politique

« La paix, le pain, les roses » : retour sur le 7e congrès du PGE

Le 7e congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) s’est déroulé à Vienne (Autriche) du 9 au 11 décembre, alors que la gauche européenne est à la croisée des chemins.

Les 200 délégués issus des 43 partis membres, observateurs et partenaires, ont débattu de la manière dont la gauche pouvait répondre aux défis de civilisation qui se posent aux peuples d’Europe, dans un contexte où elle est souvent affaiblie, où l’extrême droite menace, voire se trouve au pouvoir, où les débats se sont complexifiés et où la prégnance des contextes et des crises nationales risque d’occulter la dimension européenne de la crise, des alternatives à porter et des initiatives politiques nécessaires.

Mais il faut saluer le fait qu’en dépit de discussions parfois vives, les congressistes aient adopté à une très large majorité (plus de 90 %) un document politique qui s’engage sur plusieurs aspects importants : la solution de la diplomatie et de la paix en Ukraine, une critique fondamentale de l’Otan et de l’augmentation des dépenses militaires, la perspective d’une architecture pan-européenne de paix et de sécurité collective non alignée sur l’Otan ni sur les États-Unis, la nécessité de remettre en cause les traités et règles européennes libérales. Alors que la commission européenne souhaite réinstaller le corset budgétaire austéritaire, la centralité de la souveraineté populaire et de nouvelles coopérations en Europe telles que : l’urgence d’une politique européenne de la santé avec la constitution d’un pôle public du médicament, la nécessité de reprendre le pouvoir sur l’argent et la création monétaire de la BCE pour des emplois de qualité, la formation et les investissements de la transition écologique. Ou encore l’ouverture d’un débat sur les sources d’énergie décarbonnée à développer dans un cadre public. Comme l’a dit notre secrétaire national Fabien Roussel dans son discours : « Il n’y a pas de progrès social sans paix, il n’y a pas de paix sans progrès social. » Les luttes féministes furent un des marqueurs forts du congrès. Sur l’initiative du PCF, le congrès a adopté une motion condamnant la pédocriminalité et les violences sexistes et sexuelles.

Le congrès fut également un moment important de solidarité internationale. On peut mentionner les interventions puissantes de Babacar Diop, maire de Thiès au Sénégal, contre l’utilisation de l’outil monétaire (franc CFA et ECO) par la France pour empêcher le développement économique souverain des peuples d’Afrique de l’Ouest, et de Yasuo Ogata, secrétaire aux relations internationales du Parti communiste japonais, contre « l’otanisation du Japon » et en faveur du respect de la charte des Nations unies.

Direction du PGE

Le congrès a enfin élu une nouvelle direction. Walter Baier, ancien directeur de Transform ! Europe et dirigeant du Parti communiste d’Autriche, devient président du PGE et affirme sa volonté de développer le travail du PGE dans la perspective des élections européennes de 2024. Six vice-présidents complètent à parité la présidence du PGE (PCE, PCF-Vincent Boulet-, Syriza, die Linke, Gauche bulgare, Alliance rouge verte danoise). Le PCF sera également représenté au secrétariat politique (avec Hélène Bidard) et au bureau exécutif (Hélène Bidard et Frédéric Boccara)

Vincent Boulet
membre de la commission des relations internationales du PCF
chargé des enjeux européens

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