Face Ă la casse sociale et au sabotage du service public, il y a urgence ferroviaire
Le PCF apporte son soutien à la journée de grève nationale unitaire des cheminotes et cheminots ce mercredi 10 juin 2026.
L’alerte lancĂ©e par l’intersyndicale (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT) est d’une gravitĂ© exceptionnelle. En dĂ©clarant « l’état d’urgence » au sein du groupe ferroviaire, les travailleurs et travailleuse du rail tirent la sonnette d’alarme : les logiques de rentabilitĂ©, les restructurations compulsives et le rouleau compresseur de la filialisation/privatisation menĂ©s par la direction de l’entreprise et le gouvernement broient les personnels. Le bilan est effroyable : explosion des accidents du travail (+15,9 % en un an dans le groupe public et +50 % sur trois ans), des arrĂŞts maladie liĂ©s Ă la santĂ© mentale (+40 % en cinq ans) et une hausse insupportable des suicides.
Cette souffrance au travail n’est pas une fatalitĂ©. Elle est le produit direct des politiques d’ouverture Ă la concurrence imposĂ©es par l’Union europĂ©enne et appliquĂ©es avec zèle par les gouvernements successifs. Ce « nouveau monde » managĂ©rial dĂ©shumanise les gares, ferme les guichets, dĂ©grade les conditions de travail en rognant sur les temps de repos, dĂ©truit le fret ferroviaire public par le plan de discontinuitĂ© de Fret SNCF et organise le dumping social au prisme de la rentabilitĂ© financière court-termiste.
Dans le mĂŞme temps, les cheminots subissent de plein fouet l’explosion de l’inflation et du coĂ»t de la vie. Les mesures infimes issues de la nĂ©gociation annuelle obligatoire (NAO) de janvier dernier sont balayĂ©es par la hausse des prix de l’Ă©nergie et des produits de première nĂ©cessitĂ©. Le pouvoir d’achat s’effondre et les artifices financiers (primes, intĂ©ressement) ne remplacent pas de vraies augmentations de salaires.
Face Ă cette fuite en avant irresponsable, le PCF exige, aux cĂ´tĂ©s des cheminots : un moratoire immĂ©diat sur l’ensemble des restructurations et l’arrĂŞt du processus de filialisation/privatisation ; l’ouverture immĂ©diate de nĂ©gociations salariales Ă l’échelle du groupe avec de rĂ©elles augmentations du salaire de base indexĂ©es sur le coĂ»t de la vie ; le maintien de tous les droits et statuts des personnels, le strict respect des 35 heures et des garanties sur l’organisation du temps de travail ; des embauches massives et un haut niveau de formation professionnelle pour garantir la sĂ©curitĂ© des agents et des usagers.
Pour un projet social et écologique d’avenir pour le rail !
Le transport est un bien commun, un service public national essentiel Ă l’amĂ©nagement du territoire et Ă une transition Ă©cologique socialement juste. Un service public intĂ©grĂ© est nĂ©cessaire Ă l’efficacitĂ© de celui-ci. Le PCF rĂ©affirme ses propositions de rupture avec le modèle capitaliste actuel :
- La fin de l’ouverture Ă la concurrence et l’abrogation des lois de transposition des paquets ferroviaires pour revenir Ă une entreprise publique SNCF unique et intĂ©grĂ©e.
- La reconstruction immédiate de Fret SNCF pour relancer massivement le transport ferroviaire de marchandises.
- Un plan d’investissement public massif Ă hauteur de 10 milliards d’euros par an avec une montĂ©e en charge sur 20 ans dans les infrastructures (grandes lignes comme lignes du quotidien).
- Une baisse immédiate de 30 % du prix des billets de train nationaux et la construction progressive de la gratuité des TER et des transports en commun, financée par une fiscalité ciblée sur le capital et les hauts revenus.
Plus que jamais dans l’ensemble des services publics comme des entreprises, il y a besoin de plus en plus de pouvoirs pour les salarié·es, pour ne plus laissés nos activités, nos emplois, à la merci des logiques financières.
Soutenir les cheminots aujourd’hui, c’est dĂ©fendre notre droit effectif Ă toutes et tous de nous dĂ©placer librement et en toute sĂ©curitĂ©. Le PCF appelle l’ensemble des citoyennes, des citoyens et des usager·es Ă ĂŞtre solidaires de cette mobilisation exemplaire.
Il est temps de remettre l’humain au centre des dĂ©cisions !
Paris, le 10 juin 2026
Parti communiste français.