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Editorial, Social et Économie

2024: Année de la casse industrielle

Reims Aerospace, AtcelorMittal, Valéo, Boiron, Sanofi : ces noms résonnent comme des symboles de la casse industrielle orchestrée par le capitalisme. Ces fermetures visent un seul objectif : gonfler les dividendes des grands actionnaires. Ce que le capitalisme sait faire de mieux. Près de 400 salariés sont directement menacés par ces fermetures, mais les chiffres révèlent une réalité sociale bien plus sombre. En effet, le Tribunal de commerce de Reims a enregistré plus de 300 procédures concernant 715 salariés. Une hécatombe sociale qui s'inscrit dans un contexte de déclin industriel prolongé.

Pourtant, l'industrie est essentielle à la vitalité économique et sociale. Elle crée des emplois, développe les services publics et les infrastructures, et enrichit les territoires. En France, elle constitue également un pilier de souveraineté face aux tensions croissantes des guerres commerciales internationales.

De plus, une production industrielle ancrée localement contribue à la lutte pour l'écologie. Elle réduit les transports maritimes - responsables de 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre - et respecte les normes environnementales nationales, plus protectrices que les normes des pays de production, quand elles existent !

Cette année s'ajoute à des années de déclassement pour notre ville et ses habitants. Et les chiffres illustrent cruellement : la population active a chuté de 17 % dans les années 1990 à moins de 13 % aujourd'hui ; le nombre d'industries a diminué de 15 % en dix ans, entraînant la perte de plus de 2 000 emplois ; le taux de chômage est parmi les plus élevés de la région avec notre bassin d'emploi aujourd'hui classé 8e sur les 27 qui existent dans le Grand Est. Conséquence directe : la population de la ville baisse chaque année, passant sous les 180 000 habitants. Reims a perdu sa place de douzième ville de France, dégringolant à la treizième. Un déclin que les politiques locales, fondées sur des initiatives spectaculaires mais creuses, n'ont fait qu'aggraver.

Alors que faire ? À écouter les élus en charge de l'économie, que ce soit au Grand Reims ou à la Région, rien ! Car ils sont déjà exceptionnels, voire Légend'R, se gargarisant de politiques économiques spectacles sans effet et sans impact si ce n'est améliorer leur communication.

Pourtant des solutions existent ! À l'échelle nationale, il est urgent d'agir pour mettre en place une politique qui protège et développe notre industrie :

  • en conditionnant les aides publiques au développement de l'emploi.
  • en interdisant les licenciements boursiers.
  • en créant une banque publique d'investissement au service de la politique industrielle.
  • en revenant sur la libéralisation du secteur de l'énergie qui n'a fait qu'augmenter les prix.

À l'échelle locale, deux choix s'offrent à nous :

  • Le choix du Maire/Président du Grand Reims : figer notre ville dans son passé, avec comme seuls projets de développement des attractions pour badauds et touristes de passage, comme les Berges du Canal ! C'est le choix perdant, le choix qui fait décliner d'année en année notre ville, notre niveau de vie et notre qualité de vie.
  • Ou alors, le choix gagnant, celui d'être une ville économiquement dynamique, qui attire la richesse sur son territoire, développant l'emploi, les infrastructures, les services publics et qui garde les jeunes en leur offrant des perspectives d'avenir.

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