Le monde doit juger les crimes de guerre de Netanyahou

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Le monde doit juger les crimes de guerre de Netanyahou

A la veille du 15 mai, l’armée israélienne a commis un nouveau crime de guerre. Alors que plus de 35000 palestinien-ne-s manifestaient pacifiquement à Gaza dans le cadre des Marches pour le droit au retour et contre l’implantation de l’ambassade américaine à Jérusalem, le gouvernement israélien a ordonné le massacre de civils. Depuis le 30 mars, début des Marches populaires, plus de 100 palestiniens ont été assassinés et plus de 2 000 blessés. Les criminels, dont le 1er ministre israélien Benyamin Netanyahou, doivent être traduits pour crime de guerre devant la Cour Pénale Internationale.

Le 15 mai est symbolique car c’est le jour de la commémoration de la Nakba, « la catastrophe » qui a vu 70 % des Palestiniens chassés de leur terre en 1948 lors de la guerre israélo-arabe qui aboutit à la création de l’Etat d’Israël. En choisissant cette date pour déplacer son ambassade à Jérusalem, ce qui est une violation du droit international, les États-Unis portent une lourde responsabilité.

Proche-Orient : un conflit politique

Il faut rappeler que l’origine du conflit israélo-palestinien est politique, tout comme le sera sa résolution. Le droit international est piétiné depuis des décennies. L’occupation israélienne illégale, le blocus insensé de Gaza, la monstrueuse colonisation, le mur de la honte et les crimes de guerre se poursuivent parce que le bras criminel n’est pas stoppé. Les autorités israéliennes tentent de gagner les « opinions publiques », inversent les rôles en faisant passer cyniquement les victimes pour les responsables du problème. Il en résulte une non-résolution du conflit qui a donné des ailes à la fois aux extrêmes droites et aux fondamentalismes religieux. Trump l’a bien compris, il souffle sur les braises avec Netanyahou. En plus de sa visée de remodelage et de soumission du Proche-Orient, il envoie un message aux sectes évangéliques américaines qui soutiennent la fuite en avant meurtrière. En plus des souffrances infligées au peuple palestinien, c’est l’avenir même d’Israël qu’ils abiment. Car aucun pays ne peut se construire indéfiniment contre l’humanité et le droit.

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La France doit reconnaitre l’Etat de Palestine

La Paix est possible, elle passe par la justice et le respect du droit international avec l’application des résolutions des Nations Unies. La France doit sortir de sa passivité. Elle doit prendre le contre-pied de la stratégie meurtrière de Donald Trump, organiser la mise sous protection internationale du peuple palestinien, reconnaître officiellement son Etat et travailler à son établissement sur un territoire dans les frontières reconnues de 1967. Nous pourrions être le 138ème Etat à reconnaitre la Palestine. La reconnaissance est nécessaire car elle placera les deux parties, Israël et Palestine sur un pied d’égalité. C’est la condition pour sortir du face à face mortifère et asymétrique, et pour permettre de réelles négociations. Une très large majorité des pays du monde doit agir enfin en faveur du droit et de la Paix. Notre pays aurait tout à gagner en faisant cela. Il faudra des mobilisations et des prises de conscience pour pousser le gouvernement français à se défaire de l’emprise de Donald Trump et à changer de politique.

Comme le disait Nelson Mandela, « l’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité ». Il faut donc à la fois libérer l’opprimé, pays occupé, et l’oppresseur pays occupant. En cela, une des clefs est la solidarité des peuples, la compréhension du caractère éminemment politique du conflit. « L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais justifie l’invincible espoir » disait Jean Jaurès dans une phrase que l’on croirait dédiée aujourd’hui au conflit israélo-palestinien. La reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine sera une avancée, une contribution au grand accomplissement pour la justice et la Paix, pour la fin de l’occupation et de l’oppression du peuple palestinien, et pour le droit à la sécurité pour Israël. C’est une invincible issue.