Une école de l’endoctrinement à Reims

Avec le soutien actif du maire et de la municipalité de Reims, une école hors contrat « espérance banlieue » devrait s’installer à la prochaine rentrée scolaire en septembre 2018 dans une partie des locaux du groupe scolaire Barthou. Ce réseau d’écoles, 11 à avoir ouvert en France à l’heure actuelle, est lié à la fondation pour l’école, officine chapeautée par les militants de la manif pour tous. Le projet rémois n’y coupe d’ailleurs pas. Les fondateurs locaux de cette école aux relations troubles sont le couple Pelletreau, la femme est présidente et son mari secrétaire général. Celui-ci, avocat de profession, s’est notamment distingué en défendant Marie-Claude Bompard, élue d’extrême-droite du Vaucluse qui refusait de marier des personnes de même sexe après la promulgation de la loi du mariage pour tous. Selon Paul Devin, inspecteur de l’Education Nationale et secrétaire général du SNPI-FSU, ces écoles sont des écoles de l’endoctrinement. « Ici, l’éducation civique insiste davantage sur l’amour de la nation et de la famille que sur les valeurs sociales de la république et de la démocratie. Le discours de morale du directeur et le salut du drapeau font office d’éducation à la citoyenneté… » Et des premiers retours et expériences connus, les élèves qui sortent de ces écoles ont de grosses difficultés quand ils retournent dans le public. Un professeur d’un collège où des élèves sont passés par une école espérance banlieue explique : « On a été surpris de voir les lacunes de ces jeunes… Dans les cours auxquels nous avons eu accès, tout est pétri d’une certaine morale catholique. Ils n’ont aucun esprit critique et sont en grande difficulté ». Arnaud Robinet, le maire de Reims, qui aime à se présenter comme un « modéré », n’hésite pourtant pas à mouiller la chemise pour ses amis de la manif pour tous. Il a à maintes reprises déclaré soutenir sans faille l’ouverture de cette école, jusqu’à leur offrir des locaux dans un groupe scolaire au sein duquel l’école publique devra désormais partager les équipements. La maire de Reims a même osé engager des travaux par la ville gratuitement pour le compte de cette école hors contrat. Ce qui a amené les élus de gauche dont les élus communistes de la ville de Reims à saisir le tribunal administratif pour empêcher cette installation. Comble de l’affaire, dans le cadre d’une initiative du rectorat autour de la laïcité, un « arbre de la laïcité » avait été planté dans la cour de l’école Barthou en décembre 2016. Demain, si l’implantation se confirme, cet arbre se trouvera dans une école qui s’oppose à la laïcité… ■