Andrée Paté une grande dame nous a quittés

Andrée Paté nous a quittés le 16 mars dernier, au lendemain de son 104ème anniversaire. Andrée était militante communiste, engagée avec son mari René et sa sœur Armande Galandon dans la résistance. Dans le Front national de lutte pour l’indépendance de la France, ils étaient chargés du recrutement et de la diffusion de la presse clandestine. Sa sœur Armande, déportée « nuit et brouillard » décédera dans les prisons allemandes le 22 avril 1945. René, le mari d’Andrée, sera arrêté en août 1941 par la police française et sera incarcéré puis déporté à Buchenwald le 12 mai 1944. Après l’arrestation de son mari, Andrée continuera son action dans la résistance. Avec Marie-Louise Monin et Aline Huon, elle animera les « Comités féminins » du Front national de lutte pour l’indépendance de la France et participera à des distributions de tracts, à la rédaction de journaux clandestins, à des transports de machines à écrire et de papier, à des prises de paroles sur les marchés, à des collectes de vêtements pour les clandestins, et au recrutement de Francs-tireurs et partisans français. Le 24 avril 1943, Andrée sera arrêtée suite à une dénonciation, et après être internée à Reims, à Laon, au camp de Compiègne et au Fort de Romainville, elle sera déportée au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück le 18 avril 1944. Elle sera libérée par des partisans polonais et tchèques le 5 mai 1945 et rentrera en France le 24 mai 1945 avec Renée Mathieu, Reine Mercier et Marie-Louise Monin. Andrée a, tout au long de sa vie, témoigné auprès des jeunes de collège et de lycée, au cours de conférences, devant des professeurs stagiaires, à l’occasion de la préparation du Concours de la Résistance et de la Déportation… Parmi ses très nombreux témoignages, Andrée écrivit : « je voulais que nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants sachent que leur grand-père et leur grand-mère, leur tante Armande ont fait partie de ces hommes et de ces femmes qui ont tant lutté, tant souffert pour qu’un jour la paix soit à jamais victorieuse. » Andrée était la doyenne des résistants et déportés. Sa vie, sa mémoire sont un exemple pour tous. Il nous faudra continuer de cultiver cette mémoire et ce combat car comme le disait Andrée Paté lors de ses témoignages : «  Le ventre de la bête immonde est encore fécond. Vous les jeunes soyez vigilants pour qu’il n’y ait plus jamais de Treblinka, de Buchenwald, de Ravensbrück. » Marne Actualités et la fédération de la Marne du PCF adressent toutes leurs condoléances à la famille d’Andrée. ■