A Epernay, le temps de travail ré-augmente, à rebours de l’histoire

La droite a une certaine conception du 1er mai. A Epernay, le maire Franck LEROY a décidé qu’à compter de cette date les agents de la ville subiront une forte augmentation de leur temps de travail, équivalente à 67 heures supplémentaires par an pour les agents, sauf postes de travail pénible ou de nuit. Cela équivaut à près de 2 semaines de travail en plus, mais qui seront lissées à raison de 15 minutes additionnées chaque jour. Rappelons que c’est sous la municipalité communiste de Jacques PERREIN que les 35 heures furent mises en place, en 1982, avec 1 540 heures annuelles. Dorénavant, ce sera 1 607 heures. Cette mesure idéologique, imposée sans véritable négociation, a été dénoncée par les élus du groupe Epernay Avenir, qui regroupe Jean-Paul Angers, Hélène Perrein et William Richard. Que cherche M. Leroy ? Pendant qu’il mène une politique déséquilibrée, de dépenses fastueuses en faveur d’une conception élitiste de la cité, faisant d’Epernay une ville chère et inégalitaire, il fait des économies sur le dos des fonctionnaires chargés de mettre en place la politique municipale. C’est un choix de courte vue. Du local au national, les mêmes logiques d’austérité et de régression sont imposées en marche forcée, alors qu’elles ont démontré leur inefficacité. La ville d’Epernay, qui était en avance sur son temps, n’aurait-elle plus les moyens de maintenir des droits utiles ? Sûrement pas. Le bassin de vie croule sous les richesses. 307 millions de bouteilles de champagne ont été écoulées, générant un chiffre d’affaire record de 4,9 milliards d’euros en 2017. Et depuis 1982, le PIB de la France a été multiplié plusieurs fois, les richesses ont explosé. Alors que la France est classée en tête de la productivité horaire dans le monde, le fait d’augmenter la pression sur les salariés et le temps de travail, est contreproductif. C’est une anomalie, à l’heure où l’idée grandit d’une réduction du temps à 32 heures par semaine. Cela est possible et constituera une des clefs en réponse à la crise. Même logique à Châlons A compter du 1er juillet prochain, les agents devront travailler 39 heures de plus par an et vont perdre un certain nombre d’acquis : moins de congés, bradage de la rémunération… Seuls les élus communistes ont véritablement défendu les agents et leurs revendications, qui défendent avant tout un service public de qualité mais qui ne subissent que mépris des Messieurs Apparu et Bourg-Brog. Cette concomitance entre Epernay et Châlons est loin d’être pure coïncidence. Cela s’inscrit dans une offensive générale contre les droits des salariés et les statuts des agents du public. Les maires d’Epernay et de Châlons, dits « Macron-compatible », poursuivent une volonté politique plus large : après les ordonnances Macron hier, le statut des cheminots aujourd’hui, c’est le statut de la fonction publique et notamment territoriale, qui est dans le viseur. ■