Pour un printemps du progrès social

Ça craque de partout ! Aucun comptage de manifestants, aucun sondage ne rend réellement compte du haut niveau d’exaspération, de colères souvent rentrées qui parcourt, taraude le pays. Des EHPAD aux universités, des hôpitaux aux retraités, des enseignants aux salariés du commerce, des agents des services publics aux cheminots comme à ceux de groupes de la téléphonie, ou des travailleurs « ubérisés » et précarisés, des millions de salariés du public comme du privé ne supportent plus le sort qui leur est fait pendant que les profits et le service aux actionnaires battent des records.

Après les contre-réformes du droit du travail, les attaques contre les privés d’emplois, la diète imposée aux collectivités locales voici qu’avec le dépeçage envisagé de la SNCF ou la casse du service public hospitalier, le sentiment augmente que c’est un monde social qui est en train d’être détruit au détriment de chacune et chacun, dans sa vie professionnelle comme privée. C’est l’intérêt général humain et environnemental qui est en cause.

Pour atteindre ses scélérats objectifs, le pouvoir et surtout ceux qu’il sert comptent sur l’éparpillement, la division de celles et ceux qui s’épuisent au travail s’acharnant avec de puissants moyens de les détourner des causes et responsables de leurs difficultés. Il tente d’accréditer l’idée que les droits sociaux sont des privilèges alors qu’ils sont facteurs d’efficacité sociale et économique. Les vrais privilégiés ont été délivrés de l’ISF et le capital toujours plus exonéré de ses devoirs envers la collectivité.

Ce sont tous les principes de notre vie sociale qui sont bazardés comme de vulgaires entorses au déploiement illimité du profit capitaliste. Mettre en échec les choix macronistes suppose d’ouvrir un nouveau champ pour permettre aux forces sociales de s’emparer des grands enjeux en cause par le débat, l’action et l’élaboration de propositions communes pour le progrès social, écologique et démocratique.

Le printemps social qui, à la suite des mobilisations syndicales, peut éclore serait l’occasion pour les milieux populaires, le monde du travail, de s’affirmer comme acteurs et solutions à la crise multiforme. La conflictualité qui s’aiguise entre toutes les chaines de production et de travail, de l’ouvrier au cadre déshumanisé, et les exigences de plus en plus folles du capital, peut conduire à la construction d’un large front de contestation et de propositions.