Remettre les idées à l’endroit

Ils ont réponse à tout. Après une énième tuerie de masse dans un lycée des Etats-Unis, Donald Trump a été mis en difficulté pour ses liens avec les lobbies pro-arme. Qu’à cela ne tienne, il a contre attaqué en suggérant d’armer les professeurs. Cette proposition absurde démontre la capacité de certains dirigeants à tordre les idées, à tout justifier, à raisonner à l’envers pour bloquer la marche du progrès.

Les exemples sont nombreux. C’est au nom de la lutte contre le terrorisme que Bachar al-Assad poursuit les massacres en Syrie. Ou que le turc Erdogan commet des crimes de guerre avec l’aide d’affidés d’al Qaeda contre les kurdes dans le canton d’Afrin. Et c’est sûrement au nom de la liberté que l’Arabie Saoudite pilonne les populations du Yémen. Femmes, enfants et vieillards ont le privilège d’être déchiquetés par des armes françaises. Mais que voulez-vous, ces armes sont vendues « dans un cadre légal » et « elles n’étaient pas censées être utilisées » d’après la ministre française de la défense. Les arguments pour penser à l’envers sont transposables à l’infini. En France, alors que les 40 entreprises du CAC ont engrangé à elles seules en 2017 la coquette somme de 93,4 milliards d’€, on nous répète que « les caisses sont vides ». La loi travail facilite les licenciements, fragilise les salariés par un détricotage du code du travail. C’est pour réduire le chômage et la précarité pardi ! Et pour sauver les retraites, il faut repousser l’âge de départ, réduire les pensions, fragiliser le système par répartition. Pour sauver EDF-GDF (qui fonctionnaient très bien) il fallait l’ouverture à la concurrence puis la privatisation. Maintenant c’est la loi de la jungle et les tarifs explosent. C’est pour sauver l’Hôpital de Vitry-le-François que les fermetures de la maternité, du bloc opératoire, puis tout récemment de la pédiatrie ont été décidées. Pour sauver la SNCF, endettée parce que l’Etat n’a pas financé les investissements dans les LGV, il faut s’attaquer aux cheminots, à leur statut, et ouvrir à la concurrence. On marche sur la tête. Les attaques contre les cheminots, contre les fonctionnaires préparent celles à venir contre tous les salariés, du privé comme du public. Il est temps de remettre les idées à l’endroit, de faire repartir la marche vers le progrès. Les grèves et manifestations qui se préparent pour le 22 mars sont d’intérêt général.