Les rythmes scolaires et les logiques libérales

web_Parents-une-rentree-scolaire-zen-c-est-possible (copie)Les municipalités viennent ou sont en train de se positionner quant à l’organisation des rythmes scolaires pour les enfants des écoles maternelles et primaires. Par exemple, à Reims, le maire a décidé de revenir à la semaine de 4 jours dans les écoles de la ville, tandis qu’à Châlons les enfants continueront d’aller 4,5 jours à l’école. On peut déjà déplorer que le président Macron ait décidé de laisser le choix du temps scolaire aux communes, comme si ce choix n’avait pas assez d’importance pour un cadrage national. Les moyens dévolus à l’école par l’Etat sont nettement insuffisants et de nombreuses écoles ont en outre pâti cette année de la suppression d’emplois aidés. La réforme des rythmes scolaires mise en place en 2014 ne s’est pas opérée de la meilleure manière, loin de là, mais revenir à la situation antérieure instaurée par le ministre Darcos et le président Sarkozy, ne serait absolument pas de bon augure. Cela n’a conduit à aucun progrès pour les élèves des milieux populaires. Les inégalités se sont amplifiées, et la suppression massive de postes d’enseignants et des Rased* n’a toujours pas été rattrapée. Il y a des enfants qui n’ont que l’école pour réussir. « Moins d’école » ne profitera certainement pas à ceux qui en ont le plus besoin. Dans l’ensemble des localités, à partir des contextes propres, les élus communistes interviennent afin d’obtenir plus de moyens pour les écoles et les élèves. Des moyens pour donner la possibilité à chacune et chacun d’acquérir des savoirs complexes, de progresser, de s’ouvrir aux autres en élargissant le champ des savoirs et des connaissances. Et ça peut être entre autres la fonction des Temps d’Activités Périscolaire, de qualité, gratuits et accessibles à toutes et tous. Ainsi, le fait de passer à la semaine de 4 jours dans les écoles peut devenir un prétexte pour les municipalités de réduire ces activités périscolaires comme semble s’y apprêter la municipalité de Reims. Pendant ce temps, le ministre de l’éducation préfère parler de dictées, de chorales, de téléphones portables, de mamans voilées dans les sorties scolaires, relancer un débat sur la lecture vieux comme le monde. Le gouvernement préfère garder gelé le point d’indice des fonctionnaires, instaurer les 3 jours de carence, augmenter la part de la CSG sur nos prélèvements, baisser le nombre de places dans les concours d’enseignement. Le gouvernement a dans un contexte de baisse des dotations aux collectivités, d’attaque contre la commune comme premier échelon démocratique, renvoyé aux maires la question du nombre de jours de classe par semaine. Comme sur beaucoup d’autres questions, les logiques libérales, marchandes, de concurrence et de régression avancent faute d’un projet cohérent pour une école de la réussite de toutes et tous. ■