Jérusalem pris en otage

web_1200px-Jerusalem_Dome_of_the_rock_BW_14 (autre copie)Dans les soubassements d’une nouvelle configuration au Proche et au Moyen-Orient, Jérusalem est prise en otage. Le projet d’un État palestinien en serait la première victime, à moins que ne se lève dans le monde un puissant mouvement en faveur du droit international. La nouvelle alliance Arabie saoudite-Israël-États-Unis, constituée contre l’Iran, pourrait aboutir à une terrible déflagration si les forces humanistes et de paix ne parvenaient pas à bloquer le bras armé d’inquiétants aventuriers. C’est en lien avec cette nouvelle stratégie agressive qu’il faut comprendre le nouveau plan israélo-américain qui piétine le droit international. En vérité, un plan secret est en négociation depuis le mois d’octobre visant à faire accepter à l’Autorité palestinienne l’idée d’un prétendu État découpé en petits « cantons », sans liens entre eux, avec une souveraineté limitée, tandis que Jérusalem serait la capitale d’un « nouvel Israël », annexant la quasi-totalité des territoires occupés. La décision unilatérale de M. Trump installe la question religieuse au cœur d’un éventuel processus de reconnaissance d’une Palestine sans aucune existence souveraine réelle. Quelle humiliation pour les Palestiniens, qui n’en peuvent plus du sort qui leur est réservé, comme pour le monde arabe après celles qui leur ont été infligées avec les guerres de l’occident en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie et au Yémen, sous l’entremise de l’Arabie saoudite ! Mais quelle humiliation aussi pour une France qui, jusque-là, n’avait cessé de se placer du côté du droit international. Quelle humiliation, enfin, pour l’Organisation des Nations unies, dont le président des États-Unis bafoue tous les textes pour gagner les élections de mi-mandat qui approchent ! Le monde doit désormais composer avec les calculs sordides d’un président états-unien qui manie le lance-flammes dans son pays comme en dehors, risquant d’enfoncer le monde dans un dangereux chaos. La France, attendue et espérée par les progressistes de la région, a une fenêtre historique pour peser en faveur du droit international. L’Union européenne peut se placer du côté de ce droit en déclenchant notamment l’article 2 de son accord d’association avec Israël pour le suspendre. Suivre les États-Unis serait prendre le risque d’un chaos mondial. L’heure est trop grave pour laisser les incendiaires garder la main. Résolument, il faut se ranger du côté du droit et de la Paix. ■