Engager un nouveau progrès social pour la France

visuel-generala_vous_de_jouerL’actualité a balayé ce qui a pourtant constitué récemment une démonstration éclatante : l’affaire dite des « Paradise Papers ». Elle a confirmé aux yeux du monde entier que des sommes faramineuses sont détournées par les hautes fortunes, multinationales et banques. L’évasion fiscale représente chaque année 60 à 80 milliards d’€ de perte pour la France. A titre de comparaison, le déficit de la sécurité sociale sera de 2 milliards d’€ en 2018… Cela donne une idée des sommes énormes volées en échappant à l’impôt, qui non seulement empêchent nos Etats de répondre aux besoins des populations, mais alimentent en plus le puit sans fond du dumping fiscal et social ainsi que la spéculation financière. Voilà le moteur du capitalisme rendu visible, celui même qui a engendré une crise gravissime dont seuls les peuples paient l’addition. Cette affaire a jeté une lumière crue sur les choix du gouvernement qui a décidé de supprimer l’Impôt Sur la Fortune. Les très riches ne paient pas leurs impôts et en plus ils reçoivent des cadeaux à foison. Dans le même temps, une petite musique tourne en boucle pour répéter que « les caisses seraient vides ». Cela est vrai en apparence pour les collectivités territoriales, les hôpitaux, les services publics, l’enseignement supérieur, la recherche, la culture… Mais il y a une nuance : elles ne sont pas vides, elles sont privées de financement, asphyxiées volontairement, pour permettre aux richesses d’aller voir ailleurs, de se concentrer vers la finance et les hautes fortunes. C’est toute la société qui est abimée ainsi. Au dernier Congrès des Maires, M. Macron a confirmé un nouveau tour de vis. Le message est clair : les collectivités sont enrôlées dans la mobilisation générale en faveur des puissances d’argent. Elles doivent réduire les dépenses publiques utiles et contribuer à l’offensive libérale visant à offrir des marchés aux grands groupes et à drainer des richesses vers la finance. De nombreux élus protestent et entrent en résistance. D’autres se font par contre les bons élèves des politiques d’austérité dans les territoires. La fermeture d’une piscine (à Epernay), d’écoles (à Châlons) ou la réduction des aides aux familles défavorisées (à Reims) ne sont que quelques exemples de choix idéologiques ayant pris le dessus sur l’intérêt général. Il est temps de mettre un terme à ces logiques régressives, car elles sont sans fin puisque jamais les paradis fiscaux – c’est-à-dire ceux qui les alimentent – n’en auront assez. Pour les communistes, il est possible et urgent de s’engager pour un nouveau progrès social. Le 3 février prochain, le PCF organisera à Paris une restitution des contributions recueillies partout dans le pays lors des États généraux du progrès social.■