Une mobilisation utile pour la dignité de familles réfugiées

refugiésEn juin dernier, dans le quartier Croix-Rouge de Reims, un camp de demandeurs d’asile avait été démantelé pour faire place nette à l’inauguration d’un nouveau centre d’affaires. Le camp s’est ensuite reconstitué pas très loin dans le parc Saint-John Perse.
Une quarantaine de personnes, avec des enfants, vivaient depuis des mois dans des conditions inacceptables. Il faut saluer la solidarité qui s’exerce en leur direction de la part de citoyens et d’associations.
Suite à la demande du maire de Reims au préfet d’évacuer ces familles, à la mi-septembre, celles-ci ont aussitôt installé leur campement précaire sur le campus de l’Université Croix-Rouge, avec le soutien de celles et ceux qui agissent à leur côté pour leur dignité.
Le Président de l’Université de Reims a alors décidé de fermer le campus par arrêté en s’appuyant sur “le contexte national d’état d’urgence”, comme si ces familles qui ne demandent qu’à vivre plus décemment constituaient une menace nécessitant d’employer des mesures qui étaient censées à l’origine à n’être utilisées que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
La mobilisation des étudiants, des citoyens, à l’appel du collectif qui s’est constitué, de l’UNEF et relayé par certaines organisations dont le PCF a permis que les demandeurs d’asile de Croix-Rouge puissent enfin être hébergés dans l’urgence, alors que rien n’avait été fait pendant des mois.
Mais cette solution, nécessaire, n’est que temporaire. Il y a besoin d’être vigilant sur le devenir de ces familles et d’agir pour une politique beaucoup plus digne dans le pays des droits de l’Homme. La France vient d’ailleurs d’être rappelée à l’ordre par la Cour européenne des droits de l’homme pour les traitements indignes infligés aux migrants.
En effet, le “plan migrants” présenté par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb constitue une grave rupture avec les valeurs et les principes de notre République. Seules des réponses plaçant l’être humain au centre des préoccupations doivent être construites à Reims comme dans tout le pays.■