Un sursaut à faire fructifier

deputesL’abstention massive et historique lors des élections législatives s’apparente à une véritable « grève » des urnes. Elle n’est pas que silence ou indifférence mais un cri d’insatisfaction et de défiance, surtout de la part des couches les plus populaires. Elle ne cesse de progresser depuis les modifications constitutionnelles qui ont réduit la durée du mandat présidentiel, inversé le calendrier électoral et affaibli le Parlement.

Dans cette ambiance de déconfiture démocratique et malgré une confortable majorité en apparence, le raz-de-marée annoncé pour le parti présidentiel n’est pas celui tambouriné depuis des mois de propagande. Nombre d’électeurs ont jugé qu’une majorité absolue ne devait pas être synonyme de pouvoir absolu, d’autant plus que les aspects les plus nocifs du programme du Président sont rejetés par une majorité de nos concitoyens.

Après le gâchis de la dispersion des candidatures qui contestent les logiques libérales, l’électorat de gauche a eu le comportement unitaire qu’il attend de ses responsables. Il a porté ses suffrages au second tour des législatives là où il y avait encore un candidat en lice, qu’il soit communiste, « insoumis », soutien de Hamon ou d’autres forces encore. Cela témoigne d’une volonté farouche d’en finir avec un quelconque comportement hégémonique passé, présent ou à venir à gauche. C’est un appel au rassemblement, au respect des diversités politiques, sur des convergences claires pour résister aux mauvais coups et conquérir de nouveaux droits.

Pour autant, et en toute lucidité, les forces de gauche restent minoritaires comme rarement au sein du Parlement. Le Président dispose d’une importante marge de manœuvre pour mettre en place son projet de libéralisation de l’économie et de la société. Il est quasi-certain que la droite, même divisée, pèsera de son poids relatif mais réel pour toujours faire pencher la balance gouvernementale du côté des intérêts capitalistes les plus étroits.

Dans ce contexte très peu favorable, le nombre de députés communistes passe de 7 à 11. L’annonce de la création, après celui de FI, d’un groupe des députés communistes et de progressistes d’Outre-Mer est une bonne nouvelle pour tous ceux qui auront besoin de faire entendre leur voix à l’Assemblée Nationale.■