ENFIN: l’audience de plaidoirie pour les GRANTIL, après quatre années passées à rassembler les documents, constituer les dossiers au rythme des mises en état.

grantilFin Janvier 2013, lors d’un Comité d’Entreprise extraordinaire, les dirigeants Belges, depuis leur bureau dans le plat pays, annoncent par téléphone aux membres du Comité d’Entreprise le dépôt de bilan du site Châlonnais et le licenciement économique de tous les salariés.

10 minutes pour effacer du territoire Français un des derniers grands fabricants de papier peint, et du bassin Châlonnais une entreprise qui participait au développement économique du territoire. Plus d’un siècle et demi de savoir-faire et de renommée internationale balayé, rayé d’un trait de stylo.

Dès la fin de la réunion du Comité d’Entreprise, les salariés et l’intersyndicale ont mené les démarches pour maintenir la production, protéger l’outil industriel et organiser les actions pour trouver un repreneur, avec malheureusement le résultat que l’on connait malgré la solidarité qui s’est exprimée. Elus de la ville et de la CAC, du Département, de la Région. Acteurs économiques et institutionnels. Associations, organisations syndicales et partis politiques. L’ucia et les commerçants de notre bassin, Artisans et PME. Et au-delà des citoyens, des proches, des amis ou des compagnons. Avec des petits gestes, des actions concrètes, des prises de position, des rassemblements, des collectes d’argent ou d’aliment. Chacun a participé avec ses moyens, ses compétences, ses services. Je profite pour les en remercier une nouvelle fois ici. Les Grantil n’étaient pas seuls. Cette solidarité nous rassemble et fait du bien.

La bataille de l’emploi a été perdue, nous avons ensuite choisi de mener la bataille sociale et juridique en créant l’association “Les Grantil”.

Lundi 26 juin 2017, les 147 plaignants se sont rendus au Tribunal de grande instance pour l’audience de plaidoirie. Nous nous y sommes rendus pour faire reconnaître:

– la responsabilité de l’actionnaire principal, la GIMV, en pointant le co-emploi de la part du groupe Belge. En effet, le site Châlonnais, malgré la présence d’un directeur sur place, ne disposait concrètement d’aucune autonomie et était dépendant des décisions de l’actionnariat. Aucune décision commerciale ou stratégique, aucun investissement, aucune négociation commerciale sans l’aval des dirigeants Belges.
– le caractère frauduleux des licenciements économiques. Des baisses de chiffres d’affaire constatées chez nos principaux clients, alors que dans le même temps, le chiffre d’affaire augmentait chez ce même client mais pour les rouleaux fabriqués en Belgique. Autrement dit, favoriser le site Belge au détriment du site Français.
– L’insuffisance des moyens en terme de reclassement de la part du liquidateur Me TIRMANT.

Après ces années, notre détermination n’est pas entamée. Nous gardons intacte la volonté de rendre responsables les vrais casseurs du tissu industriel: l’actionnariat Belge. Des emplois et des outils industriels ont été détruits. La seule considération financière a mis à mal des salariés et des familles entières qui, pour certains aujourd’hui, n’ont pas trouvé de solution pour se réinsérer dans l’emploi.
Franck LECLERE
Ancien délégué syndical CGT et Représentant de l’intersyndicale. Président de l’association Les Grantil

PS : le verdict est attendu à partir du 21 novembre 2017