Un drame qui témoigne des politiques inhumaines d’accueil des réfugiés

web_20170111_151823Le 6 janvier dernier, au foyer d’accueil des mineurs isolés étrangers de Châlons, un jeune homme de 16 ans s’est défenestré et est mort car il a cru que la police venait le chercher pour l’expulser.
Un drame terrible révélant le scandale de la politique migratoire inhumaine conduite dans notre pays. Les pouvoirs publics, le conseil départemental géré par la droite et le président Savary ont réfuté toute responsabilité dans cette tragédie. Pire, aucun geste, aucun mot de leur part pour au moins déplorer la mort de ce jeune homme.
Il s’appelait Denko Sissoko, il venait d’arriver en France après un long périple de 2 ans à parcourir la Lybie et traverser la Méditerranée. Les services du département, qui ont des consignes pour accueillir le moins possible, remettaient en cause l’âge de l’adolescent et avaient fait faire, comme régulièrement chez ces jeunes réfugiés, des tests osseux. Ils avaient laissé entendre à Denko qu’il n’allait pouvoir rester au foyer et devrait certainement être reconduit au Mali. Le trouble était tel chez le jeune homme qu’il a préféré sauter par la fenêtre plutôt qu’envisager ce retour.
Pour RESF, ce drame illustre la maltraitance dont sont victimes les mineurs isolés étrangers. Alors qu’ils ont une histoire lourde à porter, cause de troubles évidents, surtout chez des enfants, l’aide sociale à l’enfance gérée par le Conseil départemental ne leur apporte aucun accompagnement social, psychologique ou éducatif. Ils sont livrés à eux-mêmes et partagent leur lieu d’hébergement avec d’autres résidents adultes qui sont dans une situation sociale précaire. D’ailleurs, un autre jeune, quelques semaines auparavant, dans le même foyer, avait lui aussi sauté par la fenêtre, et s’était blessé.
Une marche en hommage a eu lieu à Châlons le 11 janvier. Au-delà de l’émotion, il s’agissait de demander un accueil de ces mineurs digne et humain. Le PCF avait appelé à rejoindre cette marche à laquelle participaient également des associations de solidarité et des organisations syndicales.
Face à ce scandale, une éducatrice a témoigné des conditions indignes d’accueil des jeunes au foyer Bellevue. Quelques jours plus tard, elle recevait de sa direction une convocation à un entretien préalable et elle risque aujourd’hui un licenciement…