Loi Bachelot : de nombreuses collectivités disent Non au Projet régional de santé

Au lieu de proposer des referendum populistes, le gouvernement ferait mieux d’écouter et de prendre en compte ce qui se passe dans les territoires. Il aurait été bien inspiré de regarder les avis exprimés par des collectivités de Champagne-Ardenne sur le Projet régional de santé (PRS). C’est un cas d’école. Nombreuses sont les collectivités à avoir dit Non à ce projet qui découle directement de la loi de 2009 sur la santé et l’hôpital, dite loi Bachelot. Que des collectivités comme les villes de Reims, Vitry, Charleville ou le Conseil régional, adoptent cette position est déjà un signal. Mais que le Conseil général de Haute Marne ou la ville de Saint-Dizier, dirigés par la droite, rejettent le PRS est un autre signe non moins important. On pourrait même ajouter que le Conseil général des Ardennes n’a fait passer qu’à une voix près un avis positif. Sans oublier les organisations syndicales et le mouvement mutualiste qui se sont clairement prononcés contre le PRS.

C’est dire le malaise. Et même si les motivations des uns et des autres ne sont pas forcément identiques, il y a place pour que ce Projet régional de santé soit revisité au regard de l’ensemble des rejets et des critiques. En d’autres termes, la direction de l’Agence régionale de santé aurait dû avoir la sage attitude de remettre l’ouvrage sur le métier, ou tout au moins de temporiser. Mais le directeur de l’ARS ne le fera pas car il est en mission pour passer coûte que coûte un projet qui pousse à la fragilisation des hôpitaux publics et à la marchandisation de la santé.

C’est ce qu’à dénoncé Dominique Vatel, président du groupe communiste au Conseil municipal de Châlons. « Comment voulez vous que l’on vous croit, a-t-il déclaré en s’adressant au maire, quand vous parlez de prévention alors que dans le même temps la médecine du travail et la médecine scolaire sont exsangues, quand les associations du secteur voient leurs actions remises en cause faute de pérennisation de leur moyens ? ». Dominique Vatel en a profité pour regretter la disparition des Conseils d’administration dans les hôpitaux, remplacés par de simples Conseils de surveillance. Il a demandé et obtenu l’organisation annuel d’un débat en Conseil municipal sur la situation de l’hôpital de Châlons.

Même tonalité de la part de Karine Jarry, présidente du groupe communiste au Conseil régional qui a montré en séance plénière que les « bonnes intentions du PRS cachent mal le détricotage de l’hôpital ». Elle a rappelé que nombre d’élus sont opposés aux conséquences de la loi Bachelot dans leur territoire et qu’il y a de l’inquiétude quant aux opérations de regroupement/privatisation en cours dans plusieurs localités de Champagne-Ardenne. Elle a apporté le soutien des élus communistes « aux mobilisations légitimes des personnels, des citoyens, des usagers et des élus qui s’opposent à l’asphyxie organisée des hôpitaux, comme à Epernay ou Vitry ». Elle a fait également part de l’inquiétude très forte sur le projet d’un grand établissement privé avec le groupe Courlancy qui se placerait directement en concurrence avec le CHU, relayant ainsi les interventions des élus communistes au Conseil municipal de Reims.

Avec de l’esprit de suite, le groupe communiste a proposé un voeu soutenu par la majorité de gauche, pour la défense des hôpitaux publics de proximité. Le groupe UMP/Nouveau centre et divers droite n’a pas pris part au vote.

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